L comme LANDRU Henri Désiré #ChallengeAZ

Nom : LANDRU
Prénoms : Henri Désiré
Surnoms/Sobriquets : Le Barbe Bleue de Gambais, le tueur de l’Est Parisien
Métier : Escroc, tueur en série, cuisinier…. (non j’déconne)
Date de naissance : 12/04/1869
Lieu : Paris (19e)
Signe particulier : Presque chauve, porte un barbe noire, pas franchement un canon de beauté (mais ça, ce n’est que mon avis)
1869 Paris (19e ar.) LANDRU
« L’an mil huit cent soixante neuf, le douze avril à trois heures du soir, acte de naissance de Henri Désiré du sexe masculin, né ce matin a six heures chez ses père et mère à Paris, rue Paibla, n°, fils de Julien Alexandre Silvain LANDRU chauffeur âgé de trente quatre ans et de Flore HENRIQUEL son épouse couturière, âgée aussi de trente quatre ans, sur la présentation de l’enfant et la déclaration faite a nous Pierre Baptiste PEOT officier de l’état civil du dix neuvième arrondissement de Paris par le père en présence de Auguste BRANDIMBOURG jardinier âgé de trente quatre ans, demeurant à Paris, rue Hans n° 145 et de Pierre Ange MICHEL concierge, âgé de quarante sept ans, demeurant même maison qui ont signé avec le père et nous après lecture.
LANDRU      BRANDMBOURG       MICHEL        PEOT »

Son père est chauffeur dans une fonderie, sa mère est couturière. La famille est établie à Paris, rue du cloître Notre Dame ou le petit Henri Désiré passe l’essentiel de son enfance. Il est un adolescent studieux, éduqué chez les frères puis il entre dans une étude d’architecture en tant que commis en 1889. Il fait ensuite 3 années de service militaire au 87e Régiment d’infanterie de St Quentin.

RM LANDRU a
Fiche matricule de LANDRU sur laquelle sont inscrites toutes ses condamnations (AD75)

Entre temps, il s’était lié avec Marie Catherine REMI, une blanchisseuse avec qui il aura une fille née en 1891. Il régularise alors la situation en se mariant et en légitimant son enfant. 3 autres bambins viendront agrandir le foyer entre 1894 et 1900.
Entre 1893 et 1900, il pratique une dizaine de métiers (comptable, cartographe, plombier etc), la situation financière du couple est précaire aussi cherche-t-il à faire fortune en créant une fabrique de bicyclette à pétrole, spécifiant que chaque commande doit être accompagnée d’un mandat d’un tiers du prix. Mais comme ce projet s’avère bidon, il s’enfuit avec l’argent sans jamais livrer les bicyclettes.
Cette escroquerie lui vaut 2 ans de prison mais il ne s’arrête pas là pour autant à sa sortie: il multipliera les arnaques, dissimulé sous de faux noms. Il collectionne les condamnations à de simples amandes à des peines de prison suite à diverses plaintes pour malversation. Mais à chaque sortie de prison, il reprend une nouvelle identité (DUPONT, CHATELLE, MADDAU) jusqu’en 1909 et continue ses magouilles.
En 1909 il est confondu dans une nouvelle affaire d’escroquerie très lucrative : via les petites annonces, il se faisait passer pour un veuf esseulé en attirant les femmes riches, en leur promettant le mariage.

L'Hyménée Gallica a
L’Hyménée, 1908 – Gallica
L'Hyménée Gallica b
L’Hyménée, 1908 – Gallica

Malgré ses dissimulations patronymiques, il est confondu, la dernière condamnation lui vaut de frôler le bagne de Cayenne. A sa sortie de prison, sa décision est prise : afin de continuer ses magouilles, il ne doit plus se permettre d’être reconnu par ses victimes.

Il reprend son commerce frauduleux de mariage, stimulant une postérité de façade, il invite ses victimes a séjourner dans une villa isolée qu’il loue, à Chantilly d’abord, à Vernouillet et enfin à Gambais (Yvelines).067_001

Il choisit bien ses victimes : des femmes seules, si possibles isolées de leur famille, pas forcément riches mais possédant quelques économies. Le fait de changer fréquemment de ville permet de fuir des voisins rendus curieux par l’occupation de cet étrange personnage.

En outre, à cette époque éclate la 1ère Guerre Mondiale laissant nombre de femmes seules, obligées de travailler pour subvenir à leurs besoins, mais aussi des veuves qui souhaitent ardemment se remarier pour améliorer leurs faibles pensions.
LANDRU dispose donc d’un large panel de victimes qu’il faut faire taire une fois que le poisson est ferré. Le mode opératoire est simple : il parvient à faire signer à ses victimes une procuration lui permettant ensuite de faire main basse sur leurs comptes bancaires, puis il les étrangle, les démembre et les brûle dans sa cuisinière.
Les voisins sont intrigués par les odeurs pestilentielles qui s’échappaient dans la cheminée à des périodes ou le chauffage intensif n’était pas nécessaire, d’où le fait de changer souvent de maison.
Il retourne de temps en temps chez femme et enfants (les officiels) qui le croient brocanteur (et ignorent tout de ses crimes) et qui profitent des biens des victimes que celui-ci leur rapporte.

Entre temps, des plaintes pour disparitions s’accumulent. Les familles s’inquiètent de ne pas avoir de nouvelles de leur sœur, leur fille, leur cousine.
En 1918 Melle LACOSTE ne sait ne qu’est devenu sa sœur : celle-ci est partie pour Gambais avec un certain Mr FREYNET. Elle écrit au maire de la commune qui lui répond qu’il ne connaît pas de Mr FREYNET, que la villa en question est à Mr TRIC qui la loue à un certain Mr DUPOND (un des patronyme de LANDRU).
Celui-ci s’interroge car il a reçu une lettre similaire à celle ci venant de la famille PILLOT qui recherche Melle COLOMB. Melle LACOSTE entre en contact avec la famille PILLOT et ils découvrent que Mr FREYNET et Mr DUPOND sont une seule et une même personne et portent plainte contre X.
Une enquête est lancée et dirigée par l’inspecteur BELIN.Source collectionprivée.org

Celui-ci pense d’abord avoir affaire à un proxénète qui envoie les femmes vers d’autres pays. Mais en allant interroger les voisins, à Gambais, il apprend qu’il y ont vu un petit homme, barbu, coiffé d’un chapeau melon qui arrive toujours avec une femme différente mais qu’il repart toujours de chez lui, seul. Les femmes se sont évaporées. Puis ils lui confirment l’étrange odeur qui s’échappe des cheminée avec une fumée épaisse même en été, les volets toujours fermés.
Mais l’enquête piétine et LANDRU est toujours en fuite jusqu’à ce qu’une amie de Melle LACOSTE reconnaisse le mystérieux personnage au bras d’une nouvelle conquête à Paris dans une boutique. Elle alerte BELIN, parvient à localiser l’individu, un nommé Lucien GUILLET, grâce au vendeur de la boutique qui avait enregistré l’adresse de ce client.
Le 12/04/1919, Mr GUILLET (LANDRU) est interpellé chez lui, rue Rochecouard à Paris. Pendant son transport dans le bureau des brigades mobiles, LANDRU tente de jeter un petit carnet (qu’il avait dans sa poche) par la fenêtre, carnet récupéré par un inspecteur et qui causera sa perte (lors de l’interrogation, LANDRU dit seulement s’appeler LANDRU mais avoue changer fréquemment d’identité car il est recherché sous ce nom pour escroquerie).
On l’accuse au départ d’escroquerie et d’abus de confiance mais l’inspecteur BELIN veut en savoir plus.
La perquisition chez LANDRU mène à la découverte d’un registre des comptes dans lequel est inscrit pas moins de 283 noms de femmes avec qui il est entré en contact à la suite d’annonces matrimoniales passées dans les journaux, mais certains ne sont pas retenus par le tueur car les femmes ne sont pas assez éloignées de leurs familles.
Dans le petit carnet noir, 11 noms y sont notés : ceux des femmes officiellement disparues.
D’autres perquisitions ont lieu dans différents domiciles et gardes meubles qu’il loue, la gendarmerie y découvre des vêtements, meubles, documents et papiers d’identité appartenant à ses victimes. Le lieu de la villa Gambais va marquer un pas de plus vers l’horreur avec la découverte d’un matelas taché de sang et d’une cuisinière dont les tuyaux sont très usagés. Dans le hangar y attenant, des fragments d’os, de cheveux y sont également découverts. A la villa de Vernouillet, on trouve des morceaux de corsets, des chaussures brûlées, près de 4 kg de fragments d’os humains mais toujours pas de corps…
L’enquête va durer 2 ans ainsi sans que LANDRU ne parle, même si l’analyse du petit carnet noir où tout est noté, est une preuve accablante : les rencontres avec les victimes, les billets de trains aller/retours à son nom à lui, les allers simples pour les dames lors de voyages, l’achat de scies à métaux en grand nombres etc…

Les médecins légistes reconstituent les scènes de crime et recoupent les infos qui concordent : le même mode opératoire est utilisé dans les différentes villas.
Les enquêteurs pensent qu’il emmenait ses victimes dans une des ses villas, les tuait, les découpait en morceaux qu’il faisait brûler. Mais les fragments d’os retrouvés correspondent soit aux membres inférieurs et supérieurs (pieds, mains) avec la tête. Pour le reste, le tronc ainsi que les jambes et bras, sont, soit enterrés dans les bois, soit jetés dans des étangs aux alentours.

L’homme aux 90 pseudonymes est incarcéré pour le meurtre de 11 personnes, déjà la presse en fait écho.

182_001
Le Petit Journal Illustré 1921
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Photo du procès, source Gallica
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Photo du procès, source Gallica

Le procès s’ouvre devant la cour d’assise de Seine et Oise siégeant à Versailles, le 07/11/1921. Le procès va durer une vingtaine de jours pendant lesquels LANDRU va nier ses crimes et demander à la justice de les prouver mais en l’absence de corps, cela est difficile.

Aux questions posées par le président, LANDRU répond avec ironie, humour et insolence, ce qui fait rire le public. Le dossier d’instruction est volumineux.Dossier_Landru

Près de 5000 pièces à conviction à charge contre l’accusé ne le font pas céder. On apporte même une des cuisinières ayant servi à l’incinération des corps… il continue de nier…Procès_Landrugence_Roll

Procès_Landru_-_cuisinère
Photos du procès, source Gallica

Ce procès à grand spectacle attire le tout Paris et devient tristement célèbre à travers le pays, LANDRU devient une espèce de « héros » de la répartie face à la justice qui s’acharne.
Sa condamnation tombe le 30/11/1921, les jurés déclarent LANDRU coupable de 11 meurtres: il sera guillotiné. Le 24/02/1922, le Président de la République, Alexandre Millerand, rejette le recours en grâce déposé par le meurtrier qui sera guillotiné le 25/02/1922. Son corps reposera un temps dans le cimetière des Gonards à Versailles puis ré-inhumé ailleurs, dans un endroit inconnu, par la famille.

La_tombe _Landru Cim Versailles
Source Gallica

LANDRU est considéré comme le 1er tueur en série médiatisé en France.

Pour rappel, le nom des 11 victimes (oui parce que c’est bien de penser un peu à elles quand même) :
Jeanne-Marie CRUCHET et son fils André, Thérèse LABORDE-LINE, Marie-Angélique GUILLIN, Berthe-Anna HÉON, Anne COLLOMB, Andrée-Anne BABELAY, Célestine BUISSON, Louise-Joséphine JAUME, Anne-Marie PASCAL et Marie-Thérèse MARCHADIER.

Victimes
Source : http://www.collection-privee.org

Inutile de préciser la quantité d’ouvrages, d’articles, de téléfilms, de films, d’émission TV et radio parus sur le bonhomme, je vous laisse faire le tri.

Sources Internet utilisées pour cet article :
http://www.retronews.fr/dossier/lexecution-de-landru-en-1922
http://guillotine.cultureforum.net/t318p285-henri-desire-landru-1922
http://www.racontemoilhistoire.com/2015/04/30/henri-desire-landru-tueur-yvelines/
http://grands.criminels.free.fr/landru.html
http://www.collection-privee.org
http://www.delcampe.net
– Archives de Paris
http://gallica.bnf.fr

Autres médias: https://www.youtube.com/watch?v=vbwH-fxR1V0 https://www.youtube.com/watch?v=O4nhPGp7ZDo

Mes remerciements à Daniel NOMDEDEU, bénévole du Fil d’Ariane, pour ses recherches aux archives de Paris.

Billet rédigé par Stéphanie Ragaru (promotion Charlie)

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