Un soir de feria

Ambiance de feria des Vendanges : autour du centre-ville, les rues sont barrées, les forces de l’ordre déployées.

feria nimes

Les gens se pressent dans la rue autour des bodegas, ça sent la bière et le pastis, la musique vient de tous les côtés à la fois. Les festivités officielles ne commencent que le lendemain, mais les Nîmois sont impatients, c’est le moment le plus attendu de la saison. Ce jeudi soir, on pouvait déjà croiser des gens déguisés et des fêtards bien imbibés.
Derrière la Maison Carrée, un groupe ne participe pas à l’euphorie générale. Ils sont une vingtaine, attablés et accablés, le regard ailleurs. On ne sait pas s’ils sont assommés par le bruit ou par les heures de cours subies dans la journée. Et puis ils ne s’attendaient pas à une telle chaleur, ces gens du Nôôôrd(1) qui se sont déplacés pour le rassemblement de la nouvelle promotion du D.U.
Dans un vacarme d’apocalypse, nous tentons de faire connaissance. Pas facile de s’entendre parfois, mais nous nous rapprochons, nous tendons l’oreille, nous profitons des moments de pause de la sono pour échanger des commentaires : le rôle de l’association, leurs premiers cours, les professeurs bien sûr, la charge de travail, les attentes du mémoire, les difficultés que nous avons eues et celles qu’ils auront, peut-être, pour tout concilier, pour aller passer des journées aux archives, pour mener à bien leurs projets d’installation.
Au milieu des ces mille interrogations, ce qui est perceptible, c’est le plaisir d’être là.
Pas là, tout de suite, sur cette place bruyante et surpeuplée, d’accord. La plupart des étudiants battent en retraite pour ne pas arriver épuisés au cours de paléographie du lendemain. Seul un petit groupe d’irréductibles prolonge la soirée au restaurant, pour un vrai bon moment de rires et d’échanges.
Mais le plaisir d’être là pour commencer la formation, qui devient vraie, enfin.
Le plaisir de faire partie de cette belle aventure du D.U, d’avoir eu la chance de voir son dossier retenu.
Le plaisir de trouver des gens qui ont la même passion, qui comprennent le même jargon, qui ont les mêmes ambitions.
Le plaisir aussi d’apprendre, de se confronter à un défi, d’entamer une reconversion, avec tous les espoirs qui accompagnent les projets un peu fous.
Et nous nous disions, Sandrine et moi, vaguement jalouses, que nous regrettions ces moments-là, que nous avions vécus nous aussi en 2017… Nous en reprendrions bien pour un semestre !
Nous souhaitons donc beaucoup de bonheurs généalogiques à ces nouveaux étudiants très sympathiques et nous espérons les revoir aussi souriants à d’autres occasions !

Catherine, promotion Nulsifrotte.

 

(1) : Pour les Nîmois, le Nôôôrd commence dès que l’on franchit la ligne symbolique, horizontale, qui passe par Orange et Alès. Au-delà, c’est un territoire peuplé de pauvres malheureux qui ignorent tout de l’art de la tauromachie et du pastaga.

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