Drame de la jungle dans un bourg du Gard

Comme chaque année, pour la foire Saint-Clément, de nombreuses voitures de forains étaient arrivées la veille et l’avant-veille à Bagnols-sur-Cèze où étaient groupés baraques et manèges.

Au matin du 22 novembre 1935, bien avant le lever du soleil, deux lionnes firent jouer la serrure de l’une des cages-camions .

Après être sorties de leur cage les lionnes dévorèrent en partie un cheval appartenant à un cirque voisin qui était attaché à un arbre près de la roulotte.
L’un des fauves, mis en appétit par sa promenade matinale, trouva profitable de bondir sur un boucher, qui vers les quatre heures après minuit, déambulait pour se rendre à son travail ; le malheureux fut tué sur le coup, et littéralement dépecé sous les yeux de quelques habitants terrifiés, réveillés en sursaut par le compagnon de ce pauvre père de famille, Jules LAMADIEU, âgé de 37 ans. Ce dernier se rendait, avec son employé, Jean PRAT âgé de 26 ans, à l’abattoir.

Presque au même instant, Ivanicki DIMITRI, un ouvrier d’origine polonaise, fut chargé par la seconde lionne, qui lui arracha la musette qu’il portait en bandoulière. Sans perdre son sang-froid et voulant se rendre compte de la véritable identité de son agresseur qu’il distinguait mal, l’homme braqua sur l’animal le faisceau lumineux de sa lampe électrique de poche, ce qui fit reculer le fauve.2

Un troisième passant fut blessé à l’œil et à la main, alors qu’il essayait de porter secours aux attaqués. Terrassé à son tour, il dut se résigner à faire le mort.

Gendarmes et chasseurs de la localité, accourus, fusillèrent promptement les deux carnassiers.3

Les gendarmes arrêtèrent et transférèrent à Nîmes, le nommé Louis BRUNET, propriétaire de la ménagerie, âgé de 31 ans.
Après interrogatoire du juge d’instruction MESSIAH, il fut écroué à la maison d’arrêt, sous l’inculpation de «blessures involontaires et homicide».

Ce sombre drame eut son épilogue, devant les tribunaux. Le blessé et la veuve de la victime obtinrent, l’un 8 000 francs, l’autre 80 000 francs, cette dernière somme devant être versée par la ville de Bagnols civilement responsable.

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Étonnant, non ?


Photo en une : 
Le Parisien 23 novembre 1935

Sources
L’Éclair, 23 novembre 1935
Le Petit Méridional, 23 novembre 1935
L’Éleveur n°2700, 1er janvier 1938
Le Pèlerin, 13 décembre 1935 (illustration)
Archives municipales de Bagnols-sur-Cèze (photo, acte décès Jules Lamadieu)
L’Ouest-Éclair, 05 décembre 1935
http://p.g.elec.pagespro-orange.fr/wonder.htm

Billet rédigé par Sylvie Dallier-Prinzivalli, Promotion Nulsifrotte - 2017
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