B comme Brodeuse #ChallengeAZ

(Photo : Léontine GUIGUE âgée de 12 ans, de Buellas, le 25 mars 1900)

À la recherche des petites brodeuses de marquoirs

C’est au XIX° siècle que ce type de broderie connait ses heures de gloire. La broderie faisant partie de l’éducation des filles, au même titre que la lecture, l’écriture, le calcul . L’école devenant obligatoire, elle devient un exercice obligatoire pour les fillettes entre 7 et 13 ans.

Elles commençaient par des exercices de marquage du linge (uniquement les initiales), en vue de la constitution de leur trousseau. Cela permettait aussi de reconnaître son linge lors des lessives communes aux lavoirs.

Elles brodaient ensuite les lettres de l’alphabet, souvent de belles lettres gothiques, les majuscules, les minuscules, les chiffres.

À partir de 1870, sont apparues les grilles, avec leurs multitudes de motifs floraux, animaliers mais aussi de scènes bucoliques, des motifs religieux.

Le marquoir était brodé sur du lin ou du coton avec un fil de laine ou de coton. Avant l’apparition des grilles de Berlin, le rouge était la couleur principale car symbole de vie, du sang, des menstruations.

Il y figure fréquemment les noms et prénoms des jeunes filles, une date soit de naissance soit celle à laquelle le marquoir est terminé, et un lieu de résidence.

Il était souvent offert aux parents ou lors de festivités : communion, mariage, anniversaire …

Le marquoir est en fait le chef d’œuvre de l’écolière. Il est réalisé majoritairement dans la douzième année de la jeune fille.

De nombreuses entreprises tels Sajou, Thiriez et Cartier Bresson, DMC créent des petits livrets :

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Aujourd’hui réédités notamment par Sajou : http://www.sajou.fr/fr/438-albums-sajou-bleus-point-de-croix , ils deviennent de véritables mines d’or pour les brodeuses en herbe qui les utiliseront pour leurs compositions.

(Photos perso livrets)

Grâce au travail de restauration, de conservation d’Isabelle Mazabraud de Reflets de Soie  http://www.reflets-de-soie.fr/, nous allons vous emmener sur les traces de ces petites brodeuses.

Léontine est née le 4 octobre 1887 à Montracol, petite commune à la porte des Dombes, à 8 km à l’ouest de Bourg en Bresse dans l’Ain.

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Elle est née dans la maison familiale, au hameau « Les métairies », dans une ferme qui devait ressembler à celle-ci.

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Elle est la fille de Marie Joseph GUIGUE et de Marie Léontine GIROD, tous deux cultivateurs.

Son père est né le 18 juillet 1858 à Montracol et sa mère le 8 septembre 1864 à Buellas, commune voisine.

Ils se marient à Buellas le 4 avril 1885 et s’installent au début de leur union dans la ferme des grands-parents paternels de Léontine.  Il a été fait un contrat de mariage chez Maître Claude Marie Auguste MICHEL à Bourg en Bresse.

Léontine est fille unique. La vie dans une ferme bressane à la fin du XIXe siècle était dure.

Tout le monde vivait dans la même pièce dont le sol était fait de terre battue. Il n’y avait ni eau courante, ni électricité.

Je perds leurs traces au recensement de 1891, ils n’apparaissent ni à Montracol, ni à Buellas à cette date.

En 1896, ils résident au hameau de la Rosière. Hameau où Léontine vivra au moins jusqu’en 1936. Ensuite une visite aux Archives de l’Ain s’impose.

Buellas eut deux écoles, l’une au bourg l’autre au hameau de Corgenon. L’école du bourg était la plus proche du hameau de La Rosière. Il est fort probable que Léontine y fut scolarisée.

C’était une école publique mixte, mais pas au sens où on l’entend aujourd’hui. Il y avait une classe pour les filles et une autre pour les garçons. Comme l’étaient aussi les logements des instituteurs depuis 1877 (suite au décès de Mme Prost Institutrice et épouse de M. Prost, lui-même instituteur).

(Source : Journal communal de Buellas N°12 – article de M. Gérard Froger)

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Elle y apprit à lire, à écrire, à compter mais aussi à coudre comme toutes les petites filles.

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Elle achetait sans doute son coton à broder dans la mercerie-épicerie du village. Ses travaux d’aiguille ne se limiteront pas à ce magnifique marquoir, il lui aura fallu marquer son trousseau en prévision de son futur mariage qui eût lieu le 29 novembre 1906 à Buellas. Elle épouse Léon Hippolyte NEVEU, âgé de 25 ans, cultivateur.

Le père de Léontine décède le 9 décembre 1908. Sa mère s’installe au bourg, seule. Elle se remariera en 1919 avec Claude Marie Frédéric JOUVRAY et se réinstallera au hameau de la Rosière. Elle y résidera jusqu’au 1931. Elle est absente du recensement de 1936, peut être décédée.

Léontine aura 4 enfants :

Auguste Léon Marcel : 18 septembre 1907 – 20 janvier 1915

Victor Joseph Joanny : 2 mai 1909

Paul Lucien : 14 avril 1914

Et une petite Léa née en 1920.

En 1936 Léontine vit toujours à Buellas avec Hippolyte. Ils auront été épargnés par la guerre de 14/18. Hippolyte ajourné à deux reprises pour faiblesse, sera maintenu au service auxiliaire du 53ème régiment d’infanterie, jusqu’à sa démobilisation le 27 février 1919.

Léontine décèdera à Buellas le 1er février 1952.

Source :

Archives de l’Ain : http://www.archives.ain.fr/archive/recherche/etatcivil/n:88

Journal Communal de Buellas : Les Echos du Patrimoine

http://www.buellas.fr/associations.php?cat=associations&idAssoc=491

http://www.reflets-de-soie.fr/epages/62027478.sf/fr_FR/?ObjectPath=/Shops/62027478/Products/RDS056

 

Billet écrit par Sandrine ROUX-MORAND (promotion Nulsifrotte en présentiel)
Au-delà des Racines
https://audeladesracinesblog.wordpress.com/

8 commentaires sur “B comme Brodeuse #ChallengeAZ

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  1. Je possède un abécédaire d’une fillette oubliée qui était une tante il ya très longtemps. Je me demande comment le conserver au mieux. Il est déjà abimé par le temps.

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